Le prestige
Auteur : Christopher Priest
Titre original : The prestige
Éditeur : Folio/SF
1ère édition : 1995
Nb de pages : 496
Lu : avril 2009
Ma note: ![]()
Résumé
Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, s’affrontent dans un duel sans merci.
Trois générations plus tard, au cours d’une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu’il s’appelle en fait Andrew Borden, et qu’une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XIXe siècle. Quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais…
Mon avis
Comment décrire cette lecture sans beugler de plaisir ? Ce roman difficilement classable est clairement d’inspiration victorienne, personnellement je trouve que le côté SF à peine ébauché est largement noyé sous l’ambiance fantastique qui prédomine de plus en plus au fil du récit, en particulier sur la fin.
L’histoire débute de nos jours par la rencontre de Kate Angier et Andrew Borden. La première entreprend d’éclairer le dernier sur leurs origines. Après une introduction parfaitement ancrée dans la réalité, on attaque le récit d’Alfred Borden, un genre d’autobiographie dévoilant sa vie et ses origines, avant de nous plonger dans sa carrière de magicien et sa rivalité avec Rupert Angier, alias Le Grand Danton.
La chose prend un aspect assez classique, le langage est d’époque, soigné, on a vraiment l’impression de lire le livre qu’Andrew découvre au début du récit. La narration prend parfois un étrange aspect mais on est tellement happé par l’histoire et les personnages que ces « détails » restent suspendus quelque part dans notre inconscient. Ce n’est que plus tard, lors du récit tiré du journal intime de Rupert Angier que les détails troublants prennent tout leur sens. Les deux points de vue sont complémentaires. On sent plus qu’on ne devine le dénouement, l’auteur tisse tellement finement son intrigue que le mystère s’épaissit tout en nous donnant l’impression qu’on approche de la vérité. Le rythme s’accélère à l’approche des derniers chapitres, ce qui semble n’être qu’une histoire de rivalité s’avère très vite bien plus complexe et le thème du double est subtilement et progressivement développé. La part de fantastique n’envahit pas l’histoire et l’auteur n’abuse pas d’effets de manches contrairement à ses personnages qui n’ont de cesse de surpasser l’autre tout au long de leur carrière. L’écriture est superbement maîtrisée, jubilatoire, elle nous mène à une conclusion en partie attendue, mais à l’instar des magiciens dont on connait les tours, la manière d’y arriver est plus impressionnante que le secret lui-même. Réalité, illusion, double physique ou psychique, fraternité et rivalité, l’auteur exploite ces thèmes en virtuose et réalise pour le coup un vrai tour de magie, en totale adéquation avec son propos !
*in love*
ps: je n’ai pas encore vu le film de Christopher Nolan et je me demande bien comment on peut adapter un livre pareil, j’en dirai certainement plus sur ce blog dès le visionnage.
























avril 6th, 2009 à 19:41
Excellent film, excellent ! On y voit (trop peu) David Bowie, avec une affreuse moustache, mais c’est bien lui !
avril 6th, 2009 à 20:56
Tout pareil! Un grand roman et en plus, je l’ai découvert grâce à toi
avril 6th, 2009 à 21:19
@SBM : j’ai cru comprendre que le film prenait pas mal de libertés par rapport au livre, (des libertés plutôt consternantes d’ailleurs) mais j’ai hâte de le voir, il a l’air quand même superbe en tant que film
@Isil : sacrée découverte je dois dire, j’ai 2 autres livres de Priest dans ma PAL, miam !
avril 10th, 2009 à 10:10
Tu m’as donné envie de lire ce livre !! Il a l’air exactement comme je les aime ! Merci !
avril 11th, 2009 à 3:22
Je vais donc le remonter dans la pile!!! Avec un billet si enthousiaste, difficile de résister! On dirait que je ne reçois plus tes feeds sur GR… je vais essayer de régler ça!!
avril 11th, 2009 à 14:31
Oui superbe livre je le dis et le répète, un petit bijou !
Pour mon fil, comme annoncé dans un billet du 29 mars (posté depuis l’anciennne adresse) j’ai changé d’adresse et par conséquent de RSS,il faut donc remplacer l’ancien
avril 12th, 2009 à 16:58
j’avais lu de lui « la fontaine pétrifiante »… je lis très peu de romans SF, et je pense que c’est le sujet qui m’avait attiré… je n’en garde pas un souvenir mémorable, et surtout l’impression trouble d’avoir loupé quelque chose… Celui dont tu parles a l’air passionnant, j’irais voir cela de plus près !
avril 12th, 2009 à 21:30
Celui-ci est, à mon sens, abusivement catalogué SF, cet aspect n’apparait qu’à la fin du livre, l’ensemble se déroulant comme un roman faussement classique. Et je trouve que c’est plus fantastique que SF, c’est difficile à expliquer sans tout dévoiler, mais le côté scientifique et technologique est vraiment infime et n’est qu’un prétexte à une ambiance franchement surnaturelle sur les toutes dernières pages.
avril 14th, 2009 à 18:36
Je l’ai depuis le victorian christmas swap, allez je n’y arriverai pas en avril mais en mai, je ferai ce qu’il me plait… et reprendrai ma pauvre PAL abandonnée !
avril 15th, 2009 à 20:35
tu peux te jeter dessus même !
avril 23rd, 2009 à 12:05
Je n’ai jamais osé me lancer dans un roman de Christopher Priest, à cause du côté SF, mais ton avis m’a vraiment donné l’envie de sauter le pas!
juillet 25th, 2009 à 19:24
J’ignorais que c’était un livre ! Et vu le résumé ainsi que la critique, je le rajoute sans tarder à ma PAL !
Le dernier billet de Calliope : Réception de commande