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    ~ Madame Charlotte ~

    Moana blues

    Lundi, 7 décembre, 2009 20:36 par Madame Charlotte | 3 bafouilles »

    moana

    Auteur :  Anne-Catherine Blanc
    Éditeur : Au Vent Des Iles
    1ère édition : 2002
    Nb de pages : 175
    Lu : Décembre 2009
    Ma note :

    Résumé :
    Moana, c’est le bleu absolu que prend l’océan quand le regard plonge vers l’abysse, vers le vertige sans fond qui s’ouvre au-delà du lagon, passé le récif-barrière. Moana, c’est la matière bleue, à la fois aussi présente au plongeur que sa conscience et aussi désespérément fuyante, aérienne et douloureuse.

    Plonger dans le bleu, c’est la petite mort, le renoncement à l’être. C’est devenir soi-même, pour quelques instants d’éternité, onde traversée d’ondes, corps liquide et bleu. C’est perdre d’un seul coup les repères qui rassuraient. Le regard se noie dans le bleu, se voile au bord du vertige et se détourne en hâte vers la mosaïque familière du tombant ou le miroir brisé de la surface. Remontée hâtive, comme si le plongeur venait d’échapper à un risque. À la tentation de son propre gouffre.

    Au-delà du moana le bleu devient noir. C’est ‘ere’ere, le bleu noir qui précède les ténèbres. ‘Ere’ere signifie aussi hématome. C’est la couleur des chairs meurtries, éclatées sous la pression, quand le gouffre recrache l’enveloppe. Quand le plongeur s’est uni à l’océan en se fondant à la matière, enfin apaisé, lui-même liquide et bleu.

    Moana, c’est aussi un prénom.

    Mon avis :

    J’ai récemment été bien remuée et épatée par L’astronome aveugle du même auteur, là, je suis carrément envoûtée. Le genre introspectif n’est pas spécialement ma tasse de thé, et pourtant là de l’introspection, on en a !

    Le récit démarre en début de journée, aux aurores, dans l’atmosphère moite et suffocante de la Polynésie. Le narrateur, dont l’esprit s’éparpille savamment entre monologue et déclarations à ses proches, s’apprête à enterrer son beau-fils, adolescent amateur de surf et de plongée. On découvre au fil de la journée les questionnements de Paulot, qui se remet sans cesse en cause et nous restitue du même coup de multiples informations qui nous en apprennent beaucoup sur son univers, son passé, sa vie de famille. Le personnage de Paulot inspire une empathie totale, le style sec et viril de l’auteur colle parfaitement au personnage, ancien prof reconverti en chef d’entreprise. Paulot est visiblement un individu sensible, fragile, et son langage contraste avec son état émotionnel qui tout au long de l’histoire reste en suspens, car Paulot fait office de figurant, n’étant « que le beau-père », originaire de métropole de surcroit, et qui cherche sa place dans ce terrible deuil, osant à peine exprimer son chagrin.

    Une construction habile et originale, un style jubilatoire, très masculin, une histoire touchante (euphémisme !), une montée en puissance de l’émotion subtilement dosée, pour un final d’une rare sensibilité et d’une force peu commune. Je suis parfois touchée par certaines lectures très émouvantes  mais je l’ai rarement été à ce point-là. L’astronome aveugle apportait son lot d’émotion mais celle-ci se situait dans la beauté poétique du propos, tandis qu’avec Moana Blues l’émotion est plus viscérale, plus profonde, plus personnelle. Je pense que la dernière fois que j’ai été remuée de la sorte c’est en terminant Pêcheurs d’Islande de Pierre Loti.

    La symbolique du moana, de la profondeur des mers à l’immensité du ciel, un voyage à travers l’humain dans toute sa complexe immensité.

    Melmoth

    Jeudi, 3 décembre, 2009 22:06 par Madame Charlotte | 13 bafouilles »

    melmothAuteur :  Charles Robert Maturin
    Titre original : Melmoth the Wanderer
    Éditeur : Phébus/Libretto
    1ère édition : 1820
    Nb de pages : 612
    Lu : Décembre 2009
    Ma note :coeur

    Résumé :
    John Melmoth quitte provisoirement son collège de Dublin pour se rendre au chevet de son oncle mourant. Dès le décès de celui-ci le jeune homme va découvrir d’histoire étrange de l’un de ses ancêtres, prétexte à plusieurs récits imbriqués qui tissent autour du personnage de l’homme errant une aura de mystère et de crainte.

    Mon avis :
    Gros pavé que voilà mais ô combien jouissif ! Monument du roman gothique, romantique et fantastique, le Melmoth de Maturin nous offre là une fresque recouvrant tous les aspects du mythe de Faust, du suppôt de Satan errant parmi les hommes. Dépaysant et complexe dans sa construction, ce roman a pour héros un personnage quasiment absent, dont chaque récit, écrits, rapportés, offre  un nouveau décor, un nouveau thème. Les différents récits nous transportent des geôles de l’Inquisition aux jungles idylliques de l’Inde.
    L’histoire de John Melmoth nous met dans l’ambiance, tandis que le récit suivant, L’histoire de Stanton, nous relate l’enfermement d’un innocent dans un asile d’aliéné, avant de nous plonger dans l’horreur avec Récit de l’espagnol, où un jeune aristocrate, destiné à la vie monacale par sa famille, tente de fuir sa triste condition. Un peu longue, cette histoire n’en est pas moins prenante, noire et violente, une dénonciation claire du fanatisme religieux. L’histoire des indiens confronte Melmoth à ses derniers penchants humains, le poussant, par la force de sa condition à corrompre l’amour, dont il fait d’ailleurs une description sublime et inattendue dans la bouche d’un tel personnage. Cette histoire est lumineuse et noire à la fois, l’espoir et l’innocence y côtoient la fatalité. Interrompue par L’histoire des amants, tragique et bouleversante, elle s’achève d’une manière cruelle et violente.

    En bref, un roman multiple et un personnage aussi fascinant qu’absent, un style riche et jubilatoire, superbe. Un tour de force littéraire dont il est difficile de parler et qui me laisse béate d’admiration.

    La lectrice Anne-Catherine Blanc

    Mardi, 1 décembre, 2009 21:46 par Madame Charlotte | 3 bafouilles »

    kani

    Ma précédente lecture évoquée ici récemment est la conséquence d’une heureuse rencontre avec une auteur talentueuse, Anne-Catherine Blanc, qui dans la foulée a bien voulu se prêter au jeu de mon questionnaire.

    Alors en attendant ses réponses aux questions des blogueurs, voici les réponses et les petits secrets de lectrice de l’auteur de L’astronome aveugle, qui ne manque ni d’humour ni de joie de vivre.

    Un grand merci à elle pour sa gentillesse !

    • À quel moment de la journée préférez-vous lire ?

    N’importe quand ! Dès que j’ai un moment.

    • Quel est votre endroit préféré ?

    J’aime lire partout, surtout en plein air. Le hamac au jardin, pour lire, c’est génial ! Il y a aussi deux endroits où j’adore lire, hélas ce n’est pas toujours possible : une couchette dans un voilier qui fait route, avec l’eau qui glisse, flaoush, flaoush sur la coque… hélas, pour ça, il faut de bonnes conditions de navigation, ne pas être de quart et ne pas tomber de sommeil. Rarissime ! Et puis, en haut d’un arbre, avec une petite brise qui balance. Mais attention, ça nécessite une fourche bien confortable ! Quand la branche scie les fesses, bof… Le bain, j’aime assez, mais comme je suis plutôt distraite, le bouquin fait souvent le plongeon. Après, il double de volume (sans jeu de mot foireux) et devient impossible à ranger.

    Lire la suite »

    Un petit tag en passant !

    Dimanche, 15 novembre, 2009 14:12 par Madame Charlotte | 7 bafouilles »

    prixamitieJe remercie Belle de nuit qui me taggue gentiment et qui du même coup me pousse à alimenter ce blog en suspens depuis que je suis plongée dans Melmoth, pavé délicieux mais ô combien dense.

    La chose consiste à citer 7 choses aimées et 7 blogs méritant le Prix de l’amitié (chabada bada).

    Les choses que j’aime (la paix dans le monde, et je suis même pas blonde) :

    1. Plurker en privé avec mes amies, qui pour certaines sont loin, des rendez-vous multi-quotidiens incontournables.
    2. Lire pendant des heures avec mes chats à proximité, au chaud, idéalement sous la couette.
    3. Regarder des séries en VO par paquet de 3 ou 4 épisodes, avec Monsieur Charlotte, et les chats qui nous tiennent chaud.
    4. Immortaliser tout et n’importe et quoi avec mon appareil photo et refaire le monde avec Lightroom et/ou Photoshop, et je vous raconte pas ce que ça va donner quand j’aurai le reflex numérique de mes rêves !
    5. L’automne et l’hiver, la neige, la montagne !
    6. Les voyages, les découvertes en tous genres.
    7. Je n’ai ni le look, ni la façon de vivre, mais j’adore l’esprit/ambiance/univers gothique romantique, si je pouvais, je porterais des corsets noirs et des robes longues :)

    Liste forcément non exhaustive et dans le désordre :)

    Les 7 blogs dans le désordre aussi (non non ne me remerciez pas) :

    1. Cryssilda
    2. Isil
    3. Mazel
    4. Valériane
    5. Kesalul
    6. AcrO
    7. Lou

    Annonce spéciale

    Lundi, 2 novembre, 2009 16:12 par Madame Charlotte | 3 bafouilles »

    Un appel spécial pour sauver une petite chatte échappée récemment d’un empoisonnement à la mort-aux-rats qui a failli lui être fatal.
    La chatte est très jeune, environ 1 an et demi, elle n’appartient à personne, mais est très sociable et très affectueuse.
    Elle a été vaccinée et stérilisée par l’association du CPFA, et se remet très bien de sa triste mésaventure, mais n’étant pas sauvage il nous est difficile de la relâcher dans la nature sans risquer un autre empoisonnement, nous lui cherchons donc un foyer, idéalement en appartement, où des personnes aimantes seront prêtes à l’accueillir.
    Si vous êtes dans les Pyrénées Orientales ou ses environs et que vous souhaitez accueillir un chat chez vous faites-le moi savoir, ou faites passer le message !
    Je posterai des photos dès que possible.

    Merci !




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