2008 09 May

Pauline

Auteur: Alexandre Dumas
Éditeur : Folio/Classique
1ère édition : 1838
Nb de pages :183
Lu : mai 2008
Ma note :

4ème de couverture :
« Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n’est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d’ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N’ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre: tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d’une agonie lente et douloureuse. Dans l’un et l’autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte. »

Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas, où Monte-Cristo se trouve en germe. C’est un livre qu’il a écrit seul, et qui se déroule de son temps. La fiction brode sur les thèmes du roman gothique, en « noir », nuit, cottage en ruine, sentes perdues, passages secrets, brigands impitoyables, héroïne enterrée vivante, substitution de cadavres.

Pauline fait face à un bourreau mystérieux, « homme fatal». C’est le roman d’une jeunesse déboussolée qui tente de se faire une place dans une société mesquine.

Mon avis :
Alors que la moitié de la blogosphère vient de lire ce livre dans le cadre du club des bloggueuses, j’ai pris l’idée chez Pauline, qui l’avait lu et apprécié. Ayant dévoré avec joie et bonheur Le Comte de Monte-Cristo vers 13 ans, son billet m’avait donné envie de lire à nouveau cet auteur prolifique. Dix-neuf ans lus tard, il était temps !

On nage ici en plein romantisme, légèrement teinté de gothique, où l’amour et l’action se partagent le récit. Dumas, le premier narrateur, rapporte le récit de son ami Alfred de Nerval. Ce dernier lui explique les circonstances qui l’ont amené à rencontrer Pauline, ainsi les conséquences de cette rencontre. Au milieu de tout cela, Pauline confie à Alfred les événements précédant cette rencontre. Une mise en abîme donc, pour parler clair et technique. Jeunesse et innocences malmenées, amours déçues, trahisons, duels et crimes parsèment cette histoire plaisante, facile et rapide à lire. Trop rapide à lire, hélas. Heureusement, Dumas a beaucoup écrit, et notamment des pavés…

1 bafouille

2008 07 May

BiblioLys 2008

Les Singes (anciennement Mîreldar) récidive avec BiblioLys 2008, concours pour le meilleur commentaire sur les auteurs/romans québécois.
Plus d’infos sur le blog des Lecteurs Québécois.

2 bafouilles

2008 07 May

Elles sont là !

Les cerises de Céret, ça y est !!
Fête de la cerise le 31 mai et 1er, direction la coopérative et razzia sur quelques cagettes. Il se peut aussi qu’on n’attende pas si longtemps et qu’on aille se remplir la panse dès ce week end.
Miam !
Office du Tourisme de Céret

Pas d'bafouille

2008 06 May

La théorie Gaïa

Auteur: Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
1ère édition : 2008
Nb de pages :405
Lu : mai 2008
Ma note :

4ème de couverture :
Imaginez que des émissaires de la Commission européenne sollicitent vos compétences pour résoudre un problème urgent… et top secret. Imaginez que votre femme soit envoyée sur une île au bout du monde avec un parfait inconnu, et que l’on perde tout contact avec eux. Imaginez que vous vous retrouviez isolé par une terrifiante tempête au sommet d’une montagne en compagnie de scientifiques mystérieux. Imaginez que le nombre des tueurs en série ait été multiplié par dix depuis cinquante ans. Imaginez que ces événements soient liés par la violence des hommes. Vous n’avez toujours pas peur ?

Mon avis :
Comment exprimer mon extase sans trop dévoiler l’intrigue ? Je vais donc essayer de faire bref, mais clair. Il y a dans ce nouveau roman de Chattam à la fois du Stephen King, du Serge Brussolo, et du Bernard Werber. Tout à la fois, et dans tous les sens. Le propos, qui se base sur une vraie théorie Gaïa, est troublante, plausible, inquiétante. L’action est omniprésente, et se repartit en deux lieux : une île polynésienne et le Pic du Midi. On passe de l’un à l’autre à un rythme de fou, l’ambiance étouffante et confinée du Pic du Midi n’a rien à envier à l’atmosphère moite et angoissante de l’île du Pacifique. Comme toujours chez Chattam, on a un propos qui pousse à la réflexion, une documentation énorme et une crédibilité à toute épreuve. Toujours aussi convainquant donc, passionnant, haletant, horrifique. En un mot : ÉNORME.

3 bafouilles

2008 03 May

La mémoire des murs

Auteur: Tatiana de Rosnay
Éditeur : Héloïse d’Ormesson
1ère édition : 2003
Nb de pages :142
Lu : mai 2008
Ma note :

4ème de couverture :

L’appartement correspondait exactement à ce que Pascaline, informaticienne quadragénaire, imaginait pour sa nouvelle vie de femme divorcée, sans enfants. Un deux-pièces calme et clair qui donne sur une rue animée. Mais à peine installée, Pascaline apprend par une voisine qu’un drame s’est déroulé dans ces lieux. Comment vivre dans des murs marqués par l’horreur ? Comment continuer à dormir là comme si de rien était ? Et pourquoi Pascaline ne cesse-t-elle d’y penser ? Lentement mais sûrement, par touches infimes, cette tragédie fera ressurgir chez Pascaline une ancienne douleur, une fragilité secrète restée trop longtemps enfouie. Seule face à la mémoire des murs, elle devra affronter son passé.

Mon avis :

Ce trop court roman met en scène une femme “mûre”, rationnelle, peu imaginative, encore sous le choc de son divorce. Le personnage de Pascaline, tout d’abord froid et austère, assez proche de la vieille fille aigrie, va peu à peu se trouver pris au piège de ses sentiments refoulés, de sa sensibilité, et de son imagination qui va connaître un étrange essor. Perturbée par l’histoire de son appartement, elle va chercher à se rapprocher des victimes d’un tueur en série, en se rendant sur les lieux des crimes. Au fil de son triste pèlerinage, Pascaline va devoir affronter ses propres terreurs et traumatismes. L’auteur pose aussi des questions sur le deuil. Que veut réellement dire faire son deuil ? Est-il possible lorsqu’il s’agit de la perte d’un enfant ? Les lieux de vie ont-ils une influence sur leurs occupants ? Les drames qui s’y déroulent peuvent-il avoir un impact sur les gens ? Comment peut-on vivre dans un endroit qui a connu des tragédies, des morts violentes ?

Pascaline va se retrouver face à ses sentiments (ressentiment ?) longtemps contenus. La tension monte peu à peu au fur et à mesure de la prise de conscience de Pascaline, jusqu’à un dénouement pour le moins inattendu. Trop rapide à lire, mais un vrai voyage au cœur de la douleur, écrit avec beaucoup de finesse et de sensibilité.

Pas d'bafouille

2008 02 May

The tenant of Wildfell Hall

Auteur: Anne Brontë
Titre traduit : La recluse de Wildfell Hall
Éditeur : Penguin Popular Classics
1ère édition : 1848
Lu : à finir

4ème de couverture :

Publié en 1848, La Recluse de Wildfell Hall, qui analyse sans concession la place des femmes dans la société victorienne, est considéré comme l’un des tout premiers romans féministes. Ce titre méconnu entretient, comme l’a souligné la critique moderne, de nombreux liens avec Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. on y retrouve notamment les mêmes thèmes: alcoolisme, violence masculine corruption de l’enfance… Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall? On ne sait pas d’où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils. Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l’intérêt puis l’amour d’un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert. est apposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Quel est le drame qu’elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Mon avis :

Je suis depuis des années fan d’Emily et Charlotte, ce coup-ci, j’avais décidé de découvrir Anne. Tout est pour me plaire dans ce livre. Pourtant, à un tiers du livre, j’ai réalisé le nombre de livres qui m’attendent dans ma PAL. J’ai réalisé que malgré tous les bons côtés du livre (le style, l’époque, le sujet, la psychologie des personnages, même l’édition que j’adore pour son papier tout moche et ses couvertures magnifiques), je commençais à m’ennuyer sérieusement. J’ai bizarrement et inexplicablement décroché de l’histoire de la locataire, Helen Graham. Je pense qu’à partir du moment où c’est à son tour de raconter, trop de choses me font penser à Jane Austen (en moins mièvre tout de même). Et surtout, le manque évident de surprise me déçoit, on sait comment ça commence, comment ça finit, et entre les deux, rien ne me retient. Je reprendrai sans doute cette lecture plus tard, mais là, je pense que l’humeur n’y est pas, donc je prends la rare décision de passer à autre chose, car ma curiosité habituelle ne suffit pas ce coup-ci à me pousser à le finir. J’en reste moi-même pantoise…

4 bafouilles

2008 02 May

La fureur et l’ennui

Auteur: Richard Flanagan
Titre original : The unknown terrorist
Éditeur : Belfond
1ère édition : 2006
Nb de pages : 344
Lu : mai 2008
Ma note :

4ème de couverture :

Dans une Sydney gangrenée par la peur du terrorisme, la descente aux enfers d’une femme trop fragile, la radiographie sans concession d’une société paranoïaque et cruelle, et d’une hystérie médiatique savamment orchestrée. Un roman impressionnant, nerveux et sombre, ancré dans une troublante actualité.
Gina Davies est strip-teaseuse. Son nom de scène : la Poupée. Au Chairman’s Lounge, elle danse nue et ramasse les dollars. Ces dollars qui lui permettront de s’offrir ce dont elle rêve : un nouveau sac, un appartement, la respectabilité… Et qui lui feront peut-être oublier la vie misérable, jalonnée de drames, qu’elle a laissée derrière elle.
Un soir, la Poupée succombe au charme de Tariq. Après une nuit torride, son amant disparaît. Au matin, cinq bombes sont découvertes. Sur les écrans, une image passe en boucle : un homme, une femme -Tariq et la Poupée -, les deux principaux suspects…
La chute de la Poupée est proche : crucifiée par les médias, montrée du doigt par une société en quête de victime expiatoire, elle n’a d’autre choix que de se lancer dans une fuite forcément désespérée.

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comMon avis :

Derrière un titre fumeux voire stupide, ayant peu de rapport avec le livre et aucun avec le titre d’origine, se cache un livre révoltant, réaliste, passionnant et cruel. Rien que ça messieurs dames ! J’ai tout de suite accroché au style de l’auteur, tout à fait dans le ton du livre. On nous décrit une société dure, superficielle, dirigée par l’argent, les apparences, le pouvoir, où la relation dominé-dominant est la base de son fonctionnement. Le personnage de La Poupée, au surnom révélateur, est l’emblème de cette société aveuglée, corrompue, et manipulée. La Poupée, danseuse nue, femme-objet, victime des apparences, et adepte des marques de luxe, se retrouve prise au piège de cette société en proie aux grandes peurs de son époque : le terrorisme. La Poupée, chose fragile et innocente, va se rendre compte d’une autre réalité, et fera office de bouc émissaire. Son destin est désormais scellé, ce dont elle prendre vite conscience. Le roman est profondément pessimiste et fataliste, le public est manipulé par les médias, eux-mêmes manipulés par les dirigeants, un cercle vicieux se forme autour de La Poupée qui se rend compte que sa propre vision du monde est complètement faussée. Le réalisme et la vérité du propos rendent le livre révoltant, son injustice inévitable me rappelle 1984 d’Orwell. On termine la lecture bouleversé par cette femme à la fois anonyme et universelle, sacrifiée par les médias, sans espoir de voir la vérité éclatée. Elle restera celle que l’on a voulu qu’elle soit, un outil pour apaiser une opinion publique manipulée en permanence. Roman terrible, glauque, réaliste.

Je remercie Babélio d’avoir organisé cette deuxième édition Masse Critique et de m’avoir permis de découvrir un auteur et un roman tout à fait marquants.

Être réaliste c’est prendre le parti de la déception pour ne pas être déçu.

Pas d'bafouille

2008 28 Apr

Musiiiiiiiiiiiique !

Cette année, alors que je vais rater Mogwai et Nick Cave/Grinderman à Barcelone pour le Festival Summercase, Manu Chao à Toulouse, Radiohead à Paris, j’ai au moins la possibilité d’aller voir Massive Attack à Carcassonne, à l’occasion du Festival de la Cité. Monsieur Charlotte quant à lui ira sans doute aussi à Barcelone (le traître).

Encore quelques jours avant mon prochain commentaire de lecture, j’ai dû m’occuper entre autres choses, de ça ces derniers temps, donc moins de temps pour lire.

…Massive Attack en juillet, youpi…

Pas d'bafouille

2008 19 Apr

Lettre d’une inconnue

Challenge Fashion’s Klassik List
Auteur: Stefan Zweig
Dans Romans et nouvelles
Titre original : Brief einer Unbekannten
Éditeur : LivreDePoche
1ère édition : 1922
Format : nouvelle
Ma note :

Résumé personnel :

Un écrivain célèbre reçoit une lettre de la part d’une femme inconnue qui lui déclare son amour. Au fil des pages il découvrira la passion dévorante d’une enfant, d’une jeune fille, puis finalement d’une femme qu’il n’a jamais réellement connue, et qui a traversé sa vie sans qu’il en ait pleinement conscience.

Mon avis :

La nouvelle commence par un court passage concernant l’écrivain et la lettre. Celui-ci la découvre en même temps que nous. Le nouvelle se compose donc principalement de cette lettre. Son auteur, une femme dont on ne saura jamais le nom, raconte l’amour qu’elle voue à cet écrivain depuis son enfance. La lettre couvre donc une quinzaine d’années, période durant laquelle l’inconnue a développé et entretenu une obsession pour cet homme qui ne la connait pas. D’attachement infantile son sentiment à son égard s’est transformé au fil des années en amour pur et désintéressé, puis en passion dévorante. Littéralement habitée par cet homme, l’inconnue raconte son effacement par rapport à la vie. Ne vivant que pour lui et par lui, elle renoncera à toute ce qui fait une vie de jeune fille. Elle refusera tout attachement définitif, entièrement dévoué à l’amour de sa vie qui continuera d’ignorer son existence jusqu’à la fin. Son récit délivre une vérité terrible, celle d’une vie détruite, d’une femme-fantôme qui n’a vécu qu’à travers cet homme, tenu à distance par les événements, son style de vie, et surtout par son ignorance des faits. Car l’inconnu amoureuse ne dévoilera jamais ses sentiments à l’homme qu’elle aime, elle gardera le secret jusqu’à la veille de sa mort. Elle n’avouera jamais qui elle est, ne sera jamais reconnue par l’écrivain dont elle parvient malgré tout à être une maîtresse parmi d’autres par deux fois. Jamais reconnue, jamais aimée, elle garde pourtant le silence pour ne pas être irrémédiablement rejetée. On est tout d’abord attendri par cet amour inconditionnel et secret, cette dévotion quasi-mystique, puis son comprend à quel point cette inconnue est dangereusement névrosée, au point de gâcher sa vie, ses amours et son équilibre. Si l’on ne sort ému de cette lecture, on ne peut qu’être inquiet par rapport à ce genre de sentiment, mêlé de masochisme, de soumission, et qui tient plus de l’obsession que de l’amour sincère. Les lecteurs romantiques y trouveront une sublime histoire d’amour, les autres le cruel récit d’une obsession stérile et vaine.

Pas d'bafouille

2008 17 Apr

Classiques’ Blog

Alors voilà, c’est fait !
Bibliofolie abritera désormais un blog collectif animé par des fous de lectures, amateurs notamment de “classiques”.
Parce que les classiques c’est aussi bien que le dernier best-seller à la mode…
Parce que des profs traumatisent encore les élèves en détournant les classiques…
Parce que les contemporains ne seraient pas ce qu’ils sont sans les classiques…
Parce que c’est pas parce que Zola n’a jamais fait de télé-réalité que c’est un ringard…
Parce que dans les classiques il y a aussi du sexe, de la violence, de la folie, de l’amour, de la rage…

Viendez les gens !

9 bafouilles

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